Compteur, kilométrage fictif: Comment peut on éviter ?

 

De nos jours, près d’une occasion sur cinq affiche un kilométrage fictif. En attendant la mise en place d’un fichier national, ci- desous des informations qui vous permettrons d’être « plus » alerte sur les signes qui peuvent traduire une fraude…

C’est avec une certaine nostalgie et la larme à l’œil que certains anciens livrent leurs souvenirs de la « grande époque » du négoce automobile. Certains de leurs confrères peu scrupuleux  « rajeunissaient »  les voitures, il leur suffisait de brancher le câble du compteur sur le mandrin d’une perceuse électrique pour faire défiler les chiffres…

Avec l’arrivée de l’électronique il était légitime de penser que le négoce automobile se trouverait débarrassé de cette plaie et la disparition des compteurs à rouleaux au profit des écrans à cristaux liquides. Hélas, non!

« La fraude au compteur touche pratiquement un véhicule d’occasion sur trois en Europe et un sur cinq en France », affirme Céline Kastner, Directrice du service juridique et des politiques publiques de l’Automobile Club Association. « Les proportions sont encore plus importantes lorsqu’il s’agit de transactions transfrontalières puisque les réglementations varient beaucoup d’un État membre à l’autre. »

Les véhicules haut-de-gamme sont les plus touchés, ce sont les plus courus et dans le même temps, ceux qui parcourent le plus de kilomètres en moyenne. « D’excellentes » raisons pour céder à la tentation de falsifier leur compteur.

En France, un gros 4×4 de luxe de type BMW X5 Diesel parcourt en moyenne 25.000 km par an. Trafiquer son compteur pour laisser croire qu’il n’a parcouru que 10.000 km par an en moyenne permet d’augmenter sa valeur marchande de 4.000 à 5.000 euros son prix de vente.  « Il suffit » de vous procurer en centre auto ou bien sur internet l’un de ces innombrables boîtiers électroniques conçus pour dialoguer avec l’ordinateur de bord (ODB) de votre voiture. Les boîtiers limités à un constructeur démarrent à 150 euros mais d’autres plus sophistiqués facturés plusieurs milliers d’euros dialoguent avec toutes les marques. » Le reste de la manipulation est d’une simplicité désarmante.

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Les estimations de la FIA montrent qu’il n’en coûterait que 1 à 3 euros par voiture pour interdire la modification du kilométrage total parcouru. .

En Belgique, le kilométrage est relevé à chaque passage en atelier ou au contrôle technique

Depuis 2006 en Belgique, le vendeur d’une automobile, qu’il soit particulier ou bien professionnel,  est tenu de remettre un document intitulé Car-Pass qui atteste de l’historique du kilométrage. Coût : 7 euros pour une validité de deux mois. Sans Car-Pass authentique, la vente n’est pas valable et l’acheteur peur réclamer le remboursement complet des sommes versées. Résultat: l’acheteur est tenu de signer un reçu en échange du Car-Pass.

Car-Pass, le Certificat de compteur kilométrique. Obligatoire en Belgique depuis 2006.

Car-Pass, le Certificat de compteur kilométrique. Obligatoire en Belgique depuis 2006.

Le Car-Pass est imprimé sur une feuille de papier sécurisé par hologramme. Ce document officiel délivré par le centre de contrôle technique belge identifie le véhicule au moyen de la date de sa mise en circulation, de ses numéros de châssis et d’immatriculation. Il dresse l’historique de l’évolution du kilométrage à l’occasion d’un passage dans un centre de contrôle technique ou bien chez un mécanicien. Qu’il s’agisse d’un concessionnaire ou d’un petit garagiste, d’un spécialiste des pneumatiques ou bien de l’entretien rapide, personne ne coupe à cette obligation en Belgique.

Si vous avez un doute quant à la validité des informations mentionnées sur le Car-Pass il est possible de vérifier le document, car il est livré avec un code valable deux mois qui permet de se connecter sur le site Car-Pass pour accéder directement aux données du serveur national.  Le système a ses limites, la fraude est encore possible sur les véhicules immatriculés pour la première fois hors de Belgique, comme sur ceux vendus hors de Belgique où le Car-Pass n’est pas exigé. .

Une enquête de 2010 par l’association 40 millions d’automobilistes rappelle que le kilométrage est l’un des critères d’achat les plus importants.

Il n’y a donc pas de remède miracle à cette situation, pour minimiser au maximum vos risques appliquez des règles simples à suivre pour détecter la fraude. Commencez par exiger la présentation du carnet d’entretien dument tamponné, mentionnant la date et le kilométrage des passages en atelier. Ce document devrait être accompagné des factures car il existe un véritable marché de la contrefaçon des carnets d’entretien, particulièrement sur les véhicules sportifs et haut-de-gamme. Toutes incohérences entre le kilométrage affiché et son état d’usure global doit vous inciter à poser des questions au vendeur afin qu’il puisse de cette façon vous expliquer (pédalier usé, sellerie avachie, etc.) Dans le cas contraire, évitez de finaliser la transaction et orientez vous vers un autre véhicule.

Pour rappel, la fraude kilométrique est un acte de tromperie puni en Droit français d’une peine pouvant aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 37.500 euros d’amende.

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